MOINE DES ÎLES
1
LE MOINE
le moine
à genoux
laisse
tomber son dernier chant
et tandis
que la prière résonne encore
au soir
tombant
d’encens
et de musique
ses yeux
qui ont tant regardé et cherché
prennent
le sentier intérieur
où brille
silencieuse et nocturne
la lampe
éternelle du cœur
tout est
clos et fini
il ne
reste qu’à se dévêtir du corps
le
sanctuaire disparaît
les
saisons s’en vont
seule la
flamme du cœur
vacille et
tremble dans la nuit
le
prophète s’est tu
la parole
dort au cœur du poète
le moine
commence d’être
dans
l’amour et le silence.
2
FEU
quelque
chose dans le feu
saisit mon
visage et le brûle
une braise
un charbon
je ne te
cache pas mon âme
je ne te
voile pas mon visage
regarde
toi-même
entre le
sourire et les larmes
passe la
lueur de la paix
quelque
chose dans le feu
saisit mon
visage et le brûle
une
morsure de l’Invisible
une brèche
de l’éternel Amour
le temple
est ouvert
qu’ils
arrivent ceux qui naissent
dans la
fournaise de feu.
3
L’ENFANT
QUE DIEU M’A DONNÉ
je porte
sur mes épaules
un peu de
bois un peu de pain
une ration
d’eau
le rêve
d’une route
d’une
ville ouverte
j’ai dans
mon cœur
les traces
d’un visage
les
sanglots de la passion
des
souvenirs qui voyagent
mêlés aux
chants du jour
j’ai dans
mon âme
l’éclair
d’une brise
le murmure
d’une présence
l’extase
de l’ineffable
je tiens
entre mes bras
l’enfant
que Dieu m’a offert
chair
d’une multitude paradoxale
souffle
d’un Dieu fidèle
face et
parole enfin données.
4
LE RÊVE DE
SOI
la nuit a
été pleine de cris et de pleurs
dans la
cohue grouillante et essoufflée
l’homme
qui cherchait sa ville et sa maison
a perdu
ses vêtements et ses traces
avec le
visage et le cœur
il ne lui
reste que l’étoffe soyeuse du corps
il avance
vers le sud et l’océan
les mains
libres pauvre
il n’est
que soi
l’ombre
même l’a fui
il tient
debout comme un arbre
de toutes
les saisons
enfin
recevoir donner
être fils
et père
le désert
est semence et moisson
le souffle
est là
le fleuve
traverse la grotte
la lumière
éclaire la caverne
après la
maison et le vêtement
que
reste-t-il maintenant à perdre?
ah oui le
rêve de soi.
5
ABBA
ANTOINE
la journée
a neigé
des heures
de tourbillons de vents blancs
d’horizons
effacés des mots de fête
du temps à
perte de soi
l’après-midi traîne
avec les
pas dans la neige
les gestes
s’allongent les mots songent
bonsoir
faire une
visite avant la nuit
les
nouvelles du jour
les
naissances les amours
l’âge la
peine le courage
un coin de
table
une
rencontre inouïe
des mots
remplis de cœur
des yeux
qui brillent
des
clartés des larmes
des choses
simples des êtres humbles
l’âme
effleure la face
le silence
brûle les paroles
un peu
Dieu soit avec toi
à bientôt
à l’instant
bonsoir
une pensée
pour l’étranger
à son
arrivée aux premiers saluts
pour les
proches
un
sentiment une prière
je suis
partout
seul et
présent
je salue
l’ancêtre
le père
des moines
le désert
prend de la place
chercheur
de sources
bonsoir.
6
ÉLIE
brisée
décousue
la toile
du besoin
sans eau
sans pain
même pas
une miette
de rares
images
rien à
saisir
même pas
une poussière
à semer
dans la paume
pas de
vent plus de feu
que
quarante jours
les idoles
se défont
comme des
statues de sucre dans l’eau
l’horizon
est entrevu dans l’aveuglement
l’ange n’a
pas encore passé
l’homme
tient seul dans la chaleur
les
mirages et les tempêtes de sable
dans le
silence immortel
il n’est
plus de voix
la parole
est cachée dans le ravage du cœur
et la
plaine désolée
un pauvre
diminue
et dans la
nuit sans lumière
garde
entre ses mains ce qui lui reste
un cœur
son cœur
qu’il
touche écoute pétrit doucement
dans le
rien coule un ruisseau
qui chante
sans bruit
le voyage
de la brise
le chemin
de l’abandon
la galette
et l’eau.
7
JOB
tais-moi
toi qui
m’aimes
que je
vienne à ta parole inouïe
si proche
de ta face
si
semblable à ton image
tais-moi
que je
m’avance encore
dans
l’océan entrouvert
la
profondeur inconnaissable
tais-moi
que je
t’aime
toi qui
gardes la maison
et veilles
la mort la vie
tais-moi
que ta
main touche mon esprit
que ma
main soit sur tes lèvres
tais-moi
que ton
amour touche mon cœur
que mon
silence désire ton amour
toi qui
m’aimes
tais-moi.
8
GRÉGOIRE
DE NYSSE
il n’y a
plus de rive
que la
barque fragile
et l’océan
angoissé
il n’y a
plus de terre
plus de
mère et de père
les
naissances sont dépassées
les voiles
du visage sont en lambeaux
il n’y a
plus de mur ni de frontière
le seul
écran c’est ta main
qui tamise
de temps en temps le soleil
et fait un
peu d’ombre
il n’y a
plus rien
que
l’océan angoissé et la barque fragile
l’immensité plus grande que la pensée
l’infini à
peine voyagé
il n’y a
plus rien
que le
puits du vide et de l’absolu
du son
initial
ô Toi.
9
MONTEREPIDO
adossé à
la ville
aux
longues années de marche et d’usure
j’entends
des murmures simples
qui
coulent le long des murailles et des siècles
je sens
j’écoute
mon regard
est ailleurs
il navigue
sur une mer de vignes et d’oliviers
sur les
ailes des colombes et des alouettes
entre les
vallées et les montagnes
je me
perds dans une vision
quelqu’un
bouge derrière la réalité
tout
semble plus loin que tout ce que je vois
à travers
les silences des choses
quelqu’un
se tait disparaît
une
présence éclaire qui s’en va
qui reste
la vision
est une voile ouverte
dans le
vent qui inspire je m’en vais
voir Celui
qui voit.
10
LE PUITS
près du
puits
j’ai
planté un arbre d’ailleurs
tu n’as
pas vu encore son feuillage
tu ne sais
rien de son parfum
près du
cœur inquiet
j’ai
planté l’arbre immortel
qui ne
fatigue pas de grandir
ne se hâte
pas d’avancer
près du
puits
j’ai
planté un arbre de douceur
tu as
besoin de toute ta passion
pour
veiller son premier bourgeon
attendre
son odeur délicate
près du
cœur fragile
j’ai
planté le dernier arbre
qui ne dit
pas son nom
n’offre
pas son parfum
sans amour
arrête-toi
un instant
pour
sentir ton souffle
recevoir
ton nom
l’instant
du secret éternel.
11
ÉLIE
/GILLES
je t’ai
donné la montagne abrupte
veille les
vallées et les cités
mêle ton
silence et ton cri
aux
douleurs et aux paroles des passants
que ton
esprit et ton sang coulent lentement
sur la
terre sèche des étés
et les
champs enneigés des petits hivers
je t’ai
donné une muraille d’espace
une tour
d’ascension et de courage
un puits
toujours rempli
un jardin
des arbres
des fleurs
tant de
saisons
je t’ai
donné une montagne
à monter
et à descendre
un cœur
qui se connaît peu
profond
infini
où respire
bat le souffle de la lumière
si tu
montes je passe
si tu
restes je demeure
ta seule
brise.
12
THÉRÈSE DE
JÉSUS
dans
l’après-midi qui se perd
et
retourne tôt dans l’ombre
j’hésite
entre la mer et la montagne
ma pensée
est une poussière
j’entre
dans cette maison ordinaire
je garde
silence dans l’intense amour
j’ai vu
dans l’angle obscur de la lumière
un
veilleur s’éveiller encore
marcher
comme un aveugle
vers la
voix de quelque chose
la rose
qui bouge dans le vent
la fenêtre
qui bruit sous la pluie
une parole
dans la rue fait penser
il est
venu et s’est envolé vers la mer
les
montagnes
tant
désirer l’impossible passage
de ceux
qui sont en route
et
franchissent les murailles les vagues
de
l’inaccessible
“tu es
là je suis là
nous
nous aimons.”
13
SHANTIVANAM
ton chant
un rayon
de lumière sur mon cœur
rien ne
m’atteint tout me touche
je suis
assoupi
dans la
vie la mort
je laisse
la nuit devenir espace
l’abandon
détache les rêves
je
m’étends dans l’ombre
ta voix
brûlante éveille le cœur de Dieu
le souffle
parfumé de la terre
se mêle à
l’offrande
tout
repose
j’adore
qui t’inspire
et me
bouleverse
comme une
vague de la mer
un
bourgeon un sillon
si je
pouvais au moins
t’envoyer
quelques paroles
du grand
fleuve Amour.
14
OFFRANDE
DU SOIR
recommencer
à cet
instant-sanctuaire
oublier
son cœur
perdre le
grain de blé
que les
peurs retiennent
laisser à
la vie ce qu’elle donne
plus pur
et plus profond
que toute
mort
l’éternel
amour
défaire sa
chevelure
déposer
son vêtement
laver les
pieds de l’âme
livrer son
cœur.
15
AU RAVI
maintenant
je te vois
demain?
te toucher
peut-être
habiter
l’envers de l’ombre
t’apercevoir de la main
sentir de
loin de près
tes pas
tes gestes
imaginer
ce que j’aurai déjà vu
et perdre
jusqu’à la fin
chaque
trace de ton regard
me fier au
souffle
compter
sur l’invisible
et les
battements de ton cœur
es-tu là?
je ne te
vois plus parle plus fort
es-tu déjà
parti?
sans te
voir comment te suivre
encore
porte-moi
à tes yeux
avant que
ton image ne s’efface
je
t’imprime trait par trait
sur mes
songes
toi seul
tu restes
me vois-tu
absent de
mon regard volcan mort
avec des
yeux de cendres
parle que
je te touche.
16
APOCALYPSES
ensevelir
ton nom
dans les
neiges la lumière
avalanche
qui roule d’abîme en abîme
quand les
glaces auront fondu dans les prés
et sous
les vignes des coteaux
retrouverons-nous seulement
ton
manteau ton bâton?
la douleur
ne fait pas mal
la nuit
mène au-delà de cette borne
les
cerisiers ont fleuri
le matin
est paisible comme un dimanche
une
branche de pin invisiblement remue
et laisse
tomber des gouttes de rosée
la ville
s’est mise à l’effroi
l’homme
s’amuse aux apocalypses
séduit par
des idoles et des monstres
les
enfants les vieillards s’éveillent
mêlant
spectacles et cauchemars
transportant de la boue noire
dans une
eau claire
un
prophète patiente les âges
les yeux
fixés sur la terre et le ciel.
17
PERUGIA
la ville
disparaît
une grande
brume épaisse
brûle les
apparences
sans
s’envoler
les
oiseaux s’appellent
le soir
anticipe le néant
des
cloches sonnent
et le
temple reste invisible
les arbres
voisins ne bougent plus
gardiens
anxieux
aux portes
de tristes secrets
sur la
vitre lisse
des
gouttes de pluie cheminent en séchant
sur le
bord de la fenêtre
le puits
est scellé
sous la
terre qui grelotte
un saint
germe et console
la ville
effacée.
18
FRÈRE
FRANÇOIS
la colline
est sans douleur
un
brouillard de surprise
couvre la
plaie du côté
près des
cimes
des
sentiers enneigés
sans
promeneur sans été
le regard
marche des millions de pas
aigle de
vision sur un nid d’étoiles
les portes
sont ouvertes
les peurs
ne rôdent plus près des murs
dans les
demeures des cœurs inquiets
veillent
des ombres qui brisent les sens
aux
oliviers
le chant
des olives
le jour
brille
sur les
visages les mains les pieds
la
souffrance se recueille
dans la
plaie du côté
les mains
tendues
sont des
bannières au bout des bras
couvertes
de couleurs et de signes
tenir
ensemble les murmures et les larmes
des
étoiles et des enfants
le sang
marche et bout
dans les
paumes vulnérables
avec des
clous et un marteau
le
bourreau s’approche
prêt à
immobiliser
l’âme au
bois
les voix
figent
les
visages se détournent
les
ténèbres distancent les cœurs.
19
MIETTES
la pluie
de la fontaine
sur les
ailes noires du corbeau
un pétale
de rose se détache
et tombe
sur le marbre vert
l’orant
entend un murmure
reste
debout dans la gloire
un pèlerin
porte sur un plateau
des années
et des paysages
ils sont
morts comme des agneaux
ont-ils
été seulement attachés?
les
enfants les saints
les fous
les moines
innocents
du profit des assassins
le sang se
mêle à l’eau
la
tragédie remue le fond de l’histoire
prendre
est si étrange à qui ne sait qu’offrir
mourir
debout dans la gloire
les
agonies sont rouges des soleils
de
l’implacable été.
20
MOINE DES
ÎLES
un bateau
de papier
entre les
îles blanches
la lumière
dessine
les mots
des moines
sur les
murs de pierre
la lune
veille la mer
jette un
œil de feu
dans le
livre de prière
l’écriture
est bénie
par des
doigts couverts
de sable
et de salive
le
prophète repose
mains sur
le cœur
à la merci
de tous.
21
LE PRIANT
mes mains
t’effleurent
te
cherchent
comme des
ailes de papillon et d’hirondelle
je ne veux
pas prendre
seulement
offrir
tendre le
vide de mes paumes
mêler le
silence de mes lèvres ardentes
aux sons
de la lyre et de la flûte
le manteau
appartient au maître
nulle
crainte ne trouble ma chair
nue comme
une vague
le flanc
d’une colline incendiée
l’envers
d’un pétale d’une feuille
ô très
doux invisible
je touche
à peine le sol
pour
t’atteindre
effleurer
ton regard
où je ne
sais
si je suis
une goutte de pluie
ou un
rayon de lumière
dans le
jardin de mes mains
de mes
yeux
sème ce
qui te plaît
découvre
mon âme
qui
commence à peine
mets sur
mes épaules fragiles
avant que
le soir ne remplisse tout
le grand
voile de la lumière.
22
LES RAVIS
nous en
appellerons aux morts
ils nous
jugeront peut-être
d’en haut
d’en bas
voient-ils
nos routes déjà perdues
nos champs
où rien n’a été semé
nos villes
où les voyageurs hésitent
il n’y a
plus de porte
sans
maison nous sommes sans maison
une
humanité déplacée
d’une côte
à l’autre
la mer
n’effraie plus
mais
l’homme!
comment
verser tant de misères dans l’espérance
que les
morts
même les
derniers à disparaître
disent
quelque chose
des enfers
montent
des chants d’eau et de feu
l’arbre du
silence et du désir
la
fournaise est plus profonde
que ne
l’imaginent les saints
les
flammes plus opiniâtres
que ne
l’entrevoient les prophètes
une seule
goutte d’eau un peu de brise sur la terre
Dieu
baptise les ravis.
23
UN DOIGT
SUR LES LÈVRES
assis
près de la
fenêtre
tu ne fais
plus voyager ton regard
je jongle
passe
entre les
oliviers et les nuages
l’été est
là
chaleur
nue sur les feuilles trempées
par
l’orage et la clarté
au pied
d’un tronc
un
coquelicot brille sur les racines cachées
une
araignée pourpre glisse sur la vitre glacée
comme un
doigt sur les lèvres
un soupir
rappelle aux cœurs brûlants
le silence
l’absence
serpente entre les collines
vapeur
fine derrière les nuages
qui
traînent sur leur dos
des
parfums éveillés par des gouttes de pluie
un moine
quitte le sanctuaire
monte
jusqu’aux ténèbres
la maison
est tellement serrée
l’espace
si vaste
nous
risquons de ne pas nous chercher
nous
sommes près des fleurs
les
abeilles n’obéissent
qu’aux
appels immortels.
24
D’UN ÊTRE
À L’AUTRE
un mur
sans image
sans rêve
le soleil
tache de couleurs le vide
les ailes
des pigeons
tranchent
l’épaisseur des silences
des
parfums s’étreignent
dans la
fraîcheur du soir
la lumière
glisse sur les planchers
un moine
traîne les pieds
en parlant
tout seul
du passé
des soucis
des
derniers pas que le cœur aveugle
les
oiseaux ont bu à la fontaine
et
insistent pour chanter
avant que
l’obscurité n’oblige
à
l’attente de l’aube
dans l’âme
le souffle
offre au
passant
des signes
avares du lendemain
les
racines sont si fragiles
d’un être
à l’autre
le moine
demande un guide
la brise
est faible
la parole
muette.
25
JE PRIE
COMME JE MARCHE
un pas
deux pas
j’apprends
à marcher
comme
j’apprends à vivre
je prie
comme je marche
je prie en
marchant
parfois je
m’en viens
et je m’en
vais souvent
je quitte
et j’arrive
je demeure
et je voyage
j’aimerais
planter ma tente
et faire
racine
et il me
faut courir là-bas
m’essouffler pour attraper
la
dernière brise d’un homme qui craque
se lézarde
et rend l’âme
comme un
arbre libère sa sève
comme un
fruit offre son noyau
pour
recommencer à nouveau
j’aimerais
marcher seul
dans la
forêt vers le nord
vers
l’horizon de tous les horizons
j’aimerais
quêter l’Ultime
arracher à
Dieu le secret de son cœur
voler son
œil
dévoiler
sa face
percer son
silence
et libérer
sa parole
et il me
faut rester et rester
être
fidèle sur place
aller
aussi loin que le puisatier
à la quête
d’une source
lever les
yeux et les mains
aussi haut
que le vol du faucon
fonçant
droit dans l’antre du ciel
au sein du
soleil
cœur de
l’horizon
je prie
comme je marche
j’avance
je recule
je
m’écroule et je me traîne
je
sautille je gambade
je danse
et je m’épuise
je fonce
droit et devant
je
m’attarde et prends plaisir
d’être en
compagnie
je sens un
parfum de forêt et de rivière
que je
crée le sentier qui m’y mène
je marche
et je prie
parfois je
suis rejoint et je rejoins
je fais un
bout de route
avec toi
avec l’étranger
marcher
ensemble change tellement
mon rythme
mon souffle
j’ai le
pas plus rapide
je m’y
donne davantage
souvent le
pas ralentit
tout ne va
pas aussi vite
quelqu’un
a mal
un autre
veut fêter
et habiter
pour toujours sous un arbre
près d’une
lumière
j’accueille et donne la consolation
je reçois
et savoure la fête
comme en
attendant
je ne suis
pas impatient
je suis
prêt à mourir ici
mais je
sais que l’Absolu
est ici
sans réserve et qu’Il est ailleurs
je ne suis
pas déchiré ni décousu
par des
appels si changeants
de la
route et de la marche
je porte
le vêtement d’usage
mais je
sais qu’il faut aller
plus loin
et presser le pas
j’entends
une voix
j’ai saisi
un appel
il me
vient du cœur et des entrailles
il me
vient d’aussi loin que l’origine
et la fin
il me
vient de la profondeur et de l’abîme
je n’ai
pas à me briser
pour
l’accueillir et le trouver
un pas
deux pas
j’arrive
au fleuve
j’entends
la mer
ô passeur
prends-moi
que je
passe sur l’autre rive.
RAVISSEMENTS
1. Le moine,
23
mai 1978
2.
Feu, 14
novembre 1985
3.
L’enfant que Dieu m’a donné,
14 novembre 1985
4.
Le rêve de soi, 21
janvier 1987
5.
Abba Antoine, 17
janvier 1989
6.
Élie, juillet 1988
7.
Job, 6
février 1989
8.
Grégoire de Nysse, 17
juin 1990
9.
Monterepido, 2
août 1991
10.
Le puits, Août
1991
11.
Élie/Gilles, 22
août 1991
12.
Thérèse de Jésus, 15 octobre 1991
13. Shantivanam,
22 janvier 1995
14.
Offrande du soir, 22
janvier 1995
15.
Au ravi, 18
janvier 1994
16.
Apocalypses, 23
mars 1995
17.
Perugia, 16
mars 1996
18.
Frère François, 16
mars 1996
19.
Miettes, 26
mai 1996
20.
Moine des îles, 27
février 1998
21.
Le priant, Mai 1998
22.
Les ravis, 24 mars 1998
23.
Un doigt sur les lèvres, 28
mai 1996
24.
D’un être à l’autre, 22-23
juillet 1997
25.
Je prie comme je marche, 11
février 1977
« Nihil ergo
impediat, nihil separet, nihil interpolet. »
« …que rien
ne nous arrête, que rien ne nous sépare,
que rien ne
s’interpose. »
S. François d’Assise, Première Règle 23, 10
Gilles Bourdeau ofm.
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